extraits du roman le verseur de semense

          A TAUR  OU A RAISON

Ce roman écrit par Charles Dugros aborde la mythologie, l’histoire de France et d’Occitanie. Des poésies de l’auteur qui accompagnent l’ouvrage donnent les clefs d’un nouvel horizon à construire.

 

  Goutz est un village qui brille sous la voie lactée. Dans ce petit village de la Gascogne et du haut Armagnac, François un jeune garçon curieux part en quête de ses légendes.

  Pourquoi donc, la commanderie de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean fut-elle convoitée par Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV ?

  Les Wisigoths qui ont pillé Rome et emporté le trésor du roi Salomon y auraient t’ils caché une partie de leur butin, lorsque Alaric Ier qui a installé son palais à Toulouse y construit un castrum appelé Gaut puis Gotz puis Goutz ce qui veut dire dans leur langage «  Verseur de semence ».

  En 1292 le grand prieur de l’ordre des hospitaliers de St Jean Guillaume del Vilaret qui avait récupéré le castrum des Wisigoths veut y créer une bastide. Un arrêté d’expropriation sera à l’origine des procédures d’expropriation en France. Les commandeurs, y fonderont une école de médecine. Les élèves y préparaient un diplôme pour renter à l’école de médecine de Montpellier.

   Nostradamus qui vivra en Gascogne a été en affaire avec les hospitaliers pour citer dans ses centuries le feu du ciel proche d’Auch et Lectoure en déduit François.

  Cette histoire romancée raconte la vie de ce petit village rural des années cinquante aux années quatre vingt qui a suivi le progrès, n’a pas échappé à l’exode rural et ses conséquences sur l’environnement. Les évènements que vit François le ramènent à l’histoire des vestiges et des légendes du village entre la mythologie, les pratiques païennes et la religion.

 

 La ferme de Larroque

Ce début d’année 1954, l’hiver a été tardif mais il a été rude. Tous les semis ont été détruits par le gel.

 

         Tous les paysans cultivateurs sont repartis dans les champs pour ressemer le blé à la volée. Ils vont et viennent en jetant les grains tour à tour à gauche et à droite, d’un geste précis, « le geste auguste du semeur » dit poétiquement par Victor Hugo, immortalisé sur la pièce de un franc avec la semeuse.

 

A Larroque, une ferme du petit village de Goutz, situé dans les collines verdoyantes du Gers en Gascogne, le petit François accroupi dans la cuisine est occupé, sous l’œil amusé de Maria, sa mère, à observer les fourmis qui sont entrées dans la maison. Le feu crépite dans la grande cheminée qui sert à faire chauffer la grande marmite. La mère prépare la soupe de légumes au lard qui a été fumé involontairement par le mauvais tirage de la cheminée les jours de vent d’autan.

 

Dans un coin de la grande cheminée, se trouve la caisse en bois ou Firmin, le grand père maternel, s’assoit souvent pour se réchauffer. Cette caisse remplie de gros sel sert à conserver le jambon. Sur une des poutres de la cuisine pendent la saucisse, les saucissons et le lard. Chaque ferme dans la commune a un cochon pour la consommation familiale.

   

         Sur le buffet, la radio est allumée : on informe, que l’abbé Pierre est parti en croisade contre la pauvreté et que Françoise Sagan vient de sortir son premier roman « Bonjour tristesse ». En effet cette année là fera annale dans la misère des villes et des campagnes.

 

Souvent allumé le poste radiophonique berce ses occupants de diverses musiques.

 

Les parents de François devaient être mélomanes. Avant la guerre des années 39-40, Jean, son père, animait des bals avec son accordéon, dans la maison près de l’église du village qui servait de salle des fêtes. Jeune homme, cadet de la famille, il venait travailler chez sa tante au lieu dit «  Scarabis » une ferme proche des bois de Goutz. Son frère ainé selon les usages conservera la ferme de leurs parents, alors Jean se loue à la tâche. Il ne savait pas encore que son destin était tracé dans ce village, sa future épouse n’ayant alors qu’une dizaine d’années. Maria qui avait appris le solfège à l’école des sœurs de Fleurance avait joué de l’harmonium à l’église jusqu'à la naissance de sa fille aînée. Elle était née dans cette maison, tout comme François et la plupart de ses frères et sœurs.

 

Firmin qui commence à être âgé ne s’occupe plus des travaux de la ferme. Le grand Père qui aime bien raconter est parti pour sa promenade quotidienne dans le voisinage pour discuter. Faisant figure de mémoire locale par ses fonctions de maire-adjoint quelques années auparavant, très impliqué dans la vie locale, il a gardé dans une boite en fer, les archives des ancêtres et quelques papiers d’histoire du village.

   

Les Wisigoths

Au cinquième siècle les Wisigoths, un peuple germanique d’origine scandinave, dont le roi installera son palais à Toulouse, viennent construire dans ces lieux une place forte, un castrum auquel ils donneront le nom de Gaut qui s’écrira tantôt Gotz tantôt Gouts puis Goutz, ce qui veut dire dans leur langage «  Verseur de semence » dieu géniteur qui donne vie à la terre. Au cours de leurs conquêtes les Wisigoths ont amassé un fabuleux trésor d’or et de pierres précieuses, dont le trésor du roi Salomon, fils de David, pillé par Alaric Ier, lors de la prise de Rome.

 

Les Wisigoths adoptent, grâce à leur premier évêque, Wulfila, l’un des premiers courants du christianisme, l’Arianisme de l’évêque Arius, qui intègre les mythes anciens grecs et on installera dans le castrum un chrisme qui porte les symboles de l’Alpha et l’Oméga.

     

Dans le monde grec païen, c'est l'abréviation du mot chrêstos, qui signifie « utile, de bon augure » proche de christos qui donnera le christ qui signifie le messie, celui qui est la Lumière.

 

- Tient se dit François en regardant le chrisme scellé dans un des murs de la mairie, le « P » (la lettre grecque rhô) ressemble à une épée, ce doit être là l’épée du dieu Mithra. Il se rappelle ce que lui avait raconté le grand père. Ou alors le P qui traverse la croix, signifie le Père, l’énergie divine qui descend du ciel. Et il en conclut que les forces cosmiques, croisent l’énergie de la terre, les courants magnétiques. Ainsi donc ce village serait sous la protection céleste.

 

La commanderie 

  Nous sommes en 1292 cela fait maintenant vingt ans que le moine Bernard le Roux, Hospitalier de l’Ordre de Saint-Jean, Commandeur de Goutz qui s’est installé dans le castrum, attend que soit bâtie une bastide.

 

Cette fois ci le grand Prieur Guillaume de Villaret qui arrive de l’ile de Chypre et réside quelques temps à Goutz a trouvé un accord avec le seigneur de Goutz Gaston d’Armagnac Vicomte de Fezensaget, vassal du  Roi de France Philippe le Bel, qui multiplie les bastides afin d’enrichir son royaume. Avec la croisade des Francs pour conquérir Jérusalem, ils n’étaient plus que sept Hospitaliers à Chypre. Le grand commandeur cherche un lieu de repli et a  amené avec lui des refugiés  chypriotes.

 

Le chef des commandeurs avait rencontré le moine Grégoire. Celui-ci était parti vers l’Orient lorsque la papauté venait d’éradiquer avec la croisade des Albigeois, qui s’était terminée en 1244, par le bucher de Monségur ceux que l’on appelait les hérétiques. Le moine voulait comprendre le sens religieux de ceux que l’on appelait « les Bons hommes » « les Parfaits » puis « les Cathares » et qui avaient pour référent l’apôtre Jean l’évangéliste.  Le moine était passé par la Bulgarie et avait rencontré les Bogomiles, qui avaient influencé la religion cathare, l’un des courants primaire de la chrétienté. Puis il avait visité Chypre, l’ile de la déesse Aphrodite. Les hospitaliers résidaient alors dans le château de Kolossi au sud de l’île.

 

 - Il existe en Gascogne une terre d’asile ! dit le moine Grégoire au commandeur. Je connais un village…

 

 

 

          

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